Y’a longtemps que j’avais pas épousseter ce blog. Depuis le dernier article la poussière s’est accumulée puis transformée en massif rocheux et froid. Donc, on met ses petits chaussons de protection et on fait les poussières à la nitroglycérine et à la pelleteuse. Mesdemoiselles, Mesdames, Messieurs, j’ai l’immense et le bestial honneur de vous présenter Death Grips.
Ca vient de sacramento et c’est un projet à l’initiative du batteur Zach Hill (que je viens aussi de découvrir pour le coup). On se situe entre Dälek, Oddateee, Food For Animals, Rubberoom et consorts… Ca tâche comme du bon vin régurgité par une bande de nourrissons cannibales, ça sent le musc, c’est très énervé comme un berger qui vient de se faire bouffer ses moutons par un Snoopy sous crack, c’est solide et coriace et ça se télécharge trop légalement ici ou encore ici. Enjoy.
01. Introduction to Ice Fishing
02. Hammer Bros.
03. Champions
04. Gold Links
05. Cinnamon
06. Premium Blends (feat. Shorty K)
07. Step Back
08. Jump Rope (feat. Tennille)
09. The Last Stretch (feat. Jahda)
10. The Art of Noise (Interlude)
11. The Light Company
12. Popcorn
13. Wise Word by GLC
14. Pennies (The Updated Rosters Remix)
15. Broadcasting Live
16. Takin’ a Break (Cut It Up)
17. Tune Up
18. Weekend Girls (Interlude) (feat. Ryan Leslie)
19. Summer Vacations
20. Words of Wisdom (Cont.) by GLC
21. Knocked Down
Alors que je m’emmerdais copieusement les tympans à l’écoute du dernier Busdriver, essayant désespérément de me défaire de cette mélasse j’avais pris mon surf numérique afin de trouver un meilleur spot sur lequel concentrer mon attention. Je naviguais sur le merveilleux site communautaire last.fm quand, au détour d’une page, je tombai sur ces illustres inconnus. Une écoute rapide et, doux Jésus, ça envoyait du lourd. Je décidai d’enjamber mon amie Hadopi et d’acquérir de suite l’œuvre de ces personnages. Je zieute sur discogs pour voir ce qu’ils en disent: New Kingdom serait composé de Jason Furlow (Nosaj) et de Sebastian, ça m’en fait une belle tiens… Je continue de fouiller et atterrit sur une fan-page disant, dans un anglais très scolaire, à peu près ceci:
Jason Furlow (Nosaj) and Sebastian Laws formed New Kingdom after meeting at Canal Jeans, a New York City clothing store where they both worked. Though both were fans of hip hop, Sebastian spent some time playing in hardcore punk bands, while Nosaj was primarily influenced by the music of Curtis Mayfield.
The two started working together in 1987, making 70′s influenced hip hop, although they couldn’t afford to make records. Soon after that they moved into the studio and hooked up with engineer Scott Harding (Scotty Hard). Scotty started helping them achieve the sound that they wanted as well as adding his own ideas to the New Kingdom sound.
Scott then helped them shop the demo that they made to a couple of labels. Gee Street was the label that seemed the most interested and that would give them the freedom to make the album that they wanted to make, so they decided to sign a demo deal with them.
After two years on a demo deal, they were officially signed in 1992. Their debut album Heavy Load appeared one year later, a unique blend of old-style samples, doped-up soul and road movie cool.
Their second album, Paradise Don’t Come Cheap surfaced in 1996, a darker, heavier offering altogether; low, fuzzy sound oozing with dense beats, mangled power chords, subterranean bass, and distorted, mythic rhymes.
After touring in 1997/98 New Kingdom decided to take a small hiatus to work on other projects (Truck Stop, Freak Brothers etc.) During that time Jason had a kid, and Gee Street got bought out by V2 and most of the acts got dropped – including New Kingdom and their back catalogue which remains out of print to this day.
New Kingdom has since been in a limbo. However, in 2005 rumours were circulating that there may be a new album. As time goes on, it seems less likely – but should it appear, it may just be the spur to send a whole new generation of music fans back to discover some of the greatest hip hop the 90s had to offer.
Visiblement loins du gangsta-rap de l’époque, ils jouent un hip-hop aux relents de 60′s avec un penchant complètement assumé pour le psychédélisme. Plus encore sur “Paradise don’t come cheap” que sur “Heavy Load” les beats sont lents, lourds, les samples de grattes distordues très présents, un tantinet soul, le rendu est souvent planant et les rimes sont lâchées avec une énergie qui réveillerait Jimmy d’entre les morts pour se rouler mollement dans une boue imbibée de LSD…
Pour faire quelques rapides rapprochements, on pensera à l’album “N***a Please” de feu Ol’ Dirty Bastard sorti en 1999 (sur lequel apparaît le tube “Got your money”) et à un p’tit rapper blanc nommé Edan avec son “Beauty & the beat” sorti en 2005 (un extrait ici), merveilleux de légèreté. On pensera aussi à Quasimoto, le personnage créé par le schizophrène Madlib. On l’aura compris, ce parti pris psyché étant déjà très rare dans le petit monde du hip-hop (mainstream ou non) ils avaient un train-combi-fusée d’avance par leur identité singulière. Les 2 albums sont d’une cohérence rare et donne envie que la 3ème existe mais ça…
“Scavengers” (2004, Muckamuck Produce/Upper Class Productions).
Il y a déjà quelques années maintenant que ce EP du duo (et désormais trio) de Washington suit mes écouteurs. Basiquement composé de Vulture Voltaire (vocals) et Ricky Rabbit (production), Food For Animals a déchiqueté les charentaises du hip-hop. Ils en ont fait de la charpille puis les ont recollées pour en faire un véritable char d’assaut. A travers ce court album, les déflagrations sonores se succèdent, compressant la tête de l’auditeur dans de grands fracas saturés et dissonants (foutez-vous “Brand New” à fond les ballons, vous verrez que je dis pas des conneries). Des cymbales frénétiques, des rythmiques déconstruites (“Cut and paste“), détruites, des lignes de basses viscérales, des samples inattendus, une mélodie aérienne (sur le titre “Scavengers”), bref ça grouille. C’est ça qui est fortiche! Malgré des ingrédients indus, métalliques, synthétiques, cliquetants, les 2 charognards nous cuisinent un met ô combien vitaliste. Ils plongent le homard vivant dans l’eau bouillante, ça crépite. Scavengers ne ferait pas pâle figure sur le label berlinois Ad Noiseam (distribuant breakbeat, breakcore, IDM, glitch, clicks’n'cuts… le tout à la sauce noise), c’est dire.
Ceci dit, tout porte à croire que le MC n’est là que pour décorer et donner une crédibilité hip-hop à ce grand bouillon de culture expérimental… Que nenni! Le bonhomme, de sa voix rocailleuse, débite, tronçonne des textes vindicatifs et revendicatifs (n’oublions pas le contexte politique de l’époque, c’était Bush, nous étions loin d’imaginer un métisse portant la bannière étoilée ailleurs que dans un stade). Il envoie du bois le mec, il fout ses tripes sur la table, chaque rime est crachée en compagnie d’un morceau de poumon. Leur son est distillé avec une hargne et une énergie hors du commun, que l’on trouve rarement dans les disques de hip-hop où le “vitalisme” est trop souvent contenu entre la 1ère et la 8ème mesure. Malheureusement, les 2 comparses ont mis de l’eau dans leur noise pour le second opus “Belly” sorti l’an passé. L’ambiance y est plus “feutrée”, voire “lounge” comparée à leur première performance, le résultat est en deçà des attentes; en somme, plus conventionnel (tout du moins du déjà-vu avec des artistes comme Dälek, Sensational, Rubberoom…).