C’est pas moi qui le dis, c’est le dos de la jaquette du DVD édité par Neo Publishing (éditeur pour la France de séries B jusqu’à Z et au-delà). A l’heure de ces lignes, moi, mes zygomatiques musclés et mon zizi de combat nous le visionnons pour la, au moins, 112ème fois. Que faut-il donc pour que cela cesse? Une concubine? Non, surtout pas. 2 concubines? Non, encore moins. Une éradication massive et totale des femmes fortement poitrinées? Non, au contraire. Me faire enlever par une bande d’amazones de l’espace à la silhouette généreuse parsemée de seins et de fesses de-ci de-là? Oui, ça devrait m’aider. Bon, passons mon légendaire gromantisme.
Rentrons dans le jouissif du sujet. James, masturbateur compulsif, quitte son université pour rendre visite à Hezekiah, son papa. C’est les vacances, il fait beau, c’est le désert américain. A peine débarqué dans le cocon familial il découvre que son géniteur, depuis la disparition de son épouse, sèche ses larmes dans une gigantesque paire de glandes mammaires. La belle plante blonde, cachée derrière ces 2 montagnes de chair, est aussi ingénue que nécessaire. Elle fait onduler ses courbes tant qu’elle peut et cela n’échappe pas au brave James, forcément. Alors s’en suivent de joyeuses séances de déniaisement. Forniquant à tours de hanches tout au long de la journée avec la déesse Cheryl (interprétée par la porn-star politicienne Mary Carey), Hezekiah fini par s’en apercevoir. Puis, Cheryl disparaît mystérieusement, aussitôt remplacée par un nouveau poitrail, plus latin cette fois-ci. Notez au passage que le patriarche est également plasticien à ses heures perdues, artiste voulant transcrire la perfection, l’érotisme féminin à travers le bacon, le jambon et les côtelettes. James, pas complètement con, commence à éprouver quelques suspicions, l’intrigue peut donc se mettre en place. Je vous laisse découvrir la suite par vos propres moyens.
Les connoisseurs auront pigé, Pervert! est un “chibrant” hommage au grand Russ Meyer, mais pas seulement. Tout au long de ces 81 minutes, le réalisateur Jonathan Yudis fait référence de manière générale au cinéma grindhouse, aux sexploitations des 70′s et, en poussant le téton plus loin, à l’univers de Robert Cumb. Bref, toute une époque bien révolue. Loin d’être un suiveur, ce féroce petit bijou ridiculise allègrement les putasseries hollywoodiennes de Tarantino et Rodriguez en poussant le “grotescogorigolotrash” à son paroxysme (notons que Pervert!, sorti en 2005, précède Death Proof et Planet Terror de plus d’un an, eh toc! dans les dents de ton vagina dentata). Des femmes-coyotes, un garagiste néo-nazi gay qui parle comme un black (interprété par le réalisateur himself), du voodoo, des incrustations d’anim’ en pâte à modeler, des giclures de sang d’un rouge irréel… Et tout ça est mis en forme avec une certaine exigence… au moins avec autant d’exigence que Mère Nature quand elle a sculpté le corps de ces appétissantes succubes. Servis par une bonne photographie, les couleurs sont splendides, les plans sont dynamiques, le montage est fouillé… Franchement maîtrisé et en plus ça finit dans le désert avec des montagnes en arrière plan, que demande le peuple? Plus de films comme ça.
Chharles Bronchhon.